Sol Lewitt - Noisiel

« Wall Drawing numéro 649 »
la Ferme du Buisson - scène nationale de Marne-la-Vallée à Noisiel

1% artistique -1990

Architecte : Bâtiment construit au XIXème siècle par Jules Saunier et réhabilité par Antoine Grumbach et Bernard Huet en 1990.

 

CONCEPTION

CONCEPTION ET RÉALISATION

A l’occasion de la réhabilitation du site, l’œuvre est créee et localisée dans le hall de la grande salle de théâtre de la Ferme du Buisson. Elle est réalisée in situ sur les parois de 4 murs. Elle est répartie sur les deux murs, de part et d’autre de l’entrée du théâtre, sous la frise des fenêtres et en toute hauteur sur les deux murs latéraux du hall. Des formes primaires de volumes colorés aux multiples perspectives donnent à voir une tridimensionnalité monumentale. Dans l’oeuvre de Sol Lewitt le « Wall Drawing » est une installation éphémère ou permanente comme ici.
Dans le hall, il s’affirme dans un vocabulaire commun aux différents murs par une suite de panneaux de couleurs encadrés d’un cerné noir.
Des volumes colorés sont ordonnés en séries. La lecture de leur transformation entre dans un jeu de translation, le tout formant le continuum du mur. Les propriétés physiques - hauteur, longueur, couleurs, matériaux - les  conditions et les accidents architecturaux font partie intégrante des Wall Drawing.

MURS

MURS DE PART ET D’AUTRE DE L’ENTRÉE

Divisés en trois panneaux cernés horizontalement et verticalement d’un bandeau noir, les deux murs offrent une composition générale identique comme en symétrie. Sur chaque panneau, peint de couleur différente, se détachent de grands volumes simples, colorés dans une gamme de couleurs chaudes et froides aux intensités de lumière variables. La finition des aplats de couleurs comporte un aspect légèrement flouté, moucheté. Ce jeu coloré de contrastes et de clair-obscur, entre les figures et le fond, révèle les perspectives des volumes qui semblent émerger du fond en premier plan.

MURS COTE BILLETTERIE ET PRESSE

Les deux murs cernés de bandeaux noirs présentent chacun un seul panneau de couleur unie sur lequel un seul grand volume peint se détache. Longueur de chacun des 4 murs : environ 12m.
Technique : Peinture réalisée in situ sur le mur d’après un énoncé de l’artiste prescrivant les consignes de réalisation par une équipe d’exécutants.

RESTAURATION

RESTAURATION 

L’œuvre a été restaurée en 2011.
Elle avait subit les assauts du temps et le hall depuis sa création avait évolué, enrichi de mobilier et décoration qui avaient fini par le transformer en un mélange hétéroclite objectifs de la restauration. Remettre en valeur l’œuvre de Sol Lewitt et retrouver l’idée de départ qui avait guidé sa création, déterminera l’exigence de ses travaux. Habiller le hall autour de son oeuvre maitresse et amener plus de clarté par la pose d’un parquet et la peinture ivoire des murs ainsi que par la création de canapés aux revêtements textiles imprimés créés pour le site.
Présence d’une plaque en plexiglas mentionnant le titre de l’œuvre, sa date de création, la signature de l’artiste ainsi que les financeurs du projet : Ministère de la culture de la communication et des grands travaux et le secrétariat général du groupe central des villes nouvelles.

Collection la Ferme du Buisson.
Eclairage : Les deux murs de part et d’autre de l’entrée sont éclairés par une rampe lumineuse de fluos installée au sol. Les murs de la billetterie et du point Presse sont éclairés par 7 spots basse tension disposés au plafond.

Lors de la restauration du hall en 2011, l’artiste Philippe Dupuy a réalisé autour de l’escalier du hall une œuvre en hommage à Sol Lewit, peinture reprenant le système de bandeaux noirs du Wall Drawing 649.

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES

Sol Lewitt est né en 1928 à Hartford, USA. Il est mort en 2007 à New-York.
Sol Lewitt cherchera dans son œuvre une synthèse entre principes minimalistes et conceptuels. Il reconnaît l’aléatoire dans son système sculptural comme dans le Wall Drawing qu’il fait réaliser à partir de dessins depuis la fin des années 60. Dans l’art conceptuel, c’est l’idée ou le concept qui est plus important que l’œuvre. Le projet et tous les choix sont pensés en avance et la réalisation n’est plus que formalité. Il ne laisse pas fusionner conception et réalisation.
Le Wall Drawing répond à des consignes quant à la composition, aux formes, aux couleurs, à leurs combinaisons, à l’aspect et à la technique de réalisation (crayon, pastel, lavis d’encre, peinture acrylique, graphite). Il existe à l’état potentiel dans un énoncé. Un certificat de l’oeuvre prescrit également le type d’outils à utiliser et permet aux assistants ou aux collectionneurs de l’exécuter. Œuvre sans pérennité mais réitérable, le Wall Drawing laisse à l’exécutant une marge d’interprétation non négligeable. Une facture souvent anonyme et industrielle contribue à faire de ces œuvres un emblème de la neutralité et de la distance qu’impose l’art minimal aux spectateurs. Le refus de fonder l’affirmation de l’auteur dans le geste mais dans l’idée de l’œuvre lui permet de rapprocher la démarche des Wall Drawing de celle de l’art conceptuel dont il avait posé les bases dans ses écrits en 1967 « Différents types de murs donnent différents types de dessins. Les imperfections de la surface  murale sont parfois apparentes, une fois le dessin terminé. Elles peuvent être considérées comme faisant partie du dessin. Si le dessin présente l’œuvre, il n’en demeure pas moins secondaire, c’est le concept qui prime… Même un aveugle peut apprécier l’œuvre, il suffit de la lui décrire… Une fois que l’idée de l’œuvre est définie dans l’esprit de l’artiste et la forme finale décidée, les choses doivent suivre leur cours. Il peut y avoir des conséquences que l’artiste ne peut imaginer, ce sont des idées qui sont à considérer comme des travaux d’art qui peuvent en entraîner d’autres ».
Cette délégation de l’œuvre à ceux qui réalisent le Wall Drawing ne marque pas l’impersonnalité de l’œuvre. Elle lui donne au contraire son autonomie artistique puisque sa forme ne peut plus dépendre de la seule subjectivité de l’artiste. C’est à dire que pour être déplacé un Wall Drawing devra être refait et bien qu'il changera d'aspect, il restera toujours le même. Seul son concept est fixe.

AUTRES ŒUVRES

Sol Lewitt concevra quelques 1200 Wall Drawings entre 1968 et 2007 et des centaines de personnes ont participé à la réalisation de ses œuvres.

  • Sérigraphie sur tôle émaillée, Centre hospitalier universitaire de Liège, 1978/85
  • Wall Drawing 801 : Coupole du Bonnefantenmuseum, Maastricht, 1996, Réexposé en 2005 et 2011
  • Wall Drawing 711, Rotonde du musée de Picardie, Amiens, 1992