Pol Bury - Noisiel

« Deux cônes pour deux sphères »
Lycée René Cassin à Noisiel

1% artistique -1981

 

CONCEPTION ET RÉALISATION

Sculptures en duo formées de deux cônes implantés sur une assise de béton et supportant en leurs sommets deux sphères sculptées en position inclinée, actionnées à la création de l’œuvre par un mouvement de rotation oscillatoire lent voire imperceptible. La fixité, la pesanteur des cônes font contraste avec l’instabilité des sphères posées à leur sommet. Les sculptures sont soumises aux changements de la lumière, la qualité réfléchissante de l’acier inoxydable des sphères donne l’apparence de miroir et offre au regard une recomposition optique du paysage dans le reflet sur l’inox. Les sculptures se détachent bien sur le parvis du lycée devant le parement en brique des murs et l’environnement planté d’arbres. Elles se reflètent sur les portes vitrées de l’entrée du lycée. Par leur taille, les deux sculptures font figure de signal visible de la rue, ce qui permet d’identifier le lycée et de renforcer l’identité du site et du quartier. Les boules mobiles, dans un jeu de déséquilibre, devaient traduire un mouvement à l’aspect vivant, aléatoire, déconcertant, renforçant l’impression de dialogue entre deux figures humaines. Ce déséquilibre induit une fragilité, et donne l’illusion que cette forme est légèrement hors de ses gonds ouverte à on ne sait quoi d’incongru, d’insolite qui peut surgir et pourrait la faire basculer.

Technique : Cônes et sphères réalisés en acier inoxydable brossé. Les sphères comportent 2 faces sculptées en inox poli miroir. Moteur intégré.

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES

Pol Bury est né en 1922 à Haine-St-Pierre en Belgique. Il est mort en 2005 à Paris.
Membre des Surréalistes puis cofondateur du mouvement Cobra avec Pierre Aleschinsky, Jean Dotremont, il sera ensuite fondateur du groupe Art abstrait.
L’intérêt croissant pour les décalages spatio-temporels amène Pol Bury en 1953, à la réalisation de ses premiers objets cinétiques « les plans mobiles » mus par des moteurs. Dès lors le mouvement et sa lenteur seront au centre de son œuvre, mouvement comme principe créateur entre art et vie. Par le déplacement de boules, disques, colonnes, l’œil du spectateur s’accommode du ralenti et est invité à entrer dans une forme de méditation. Il expose avec Agam, Vasarely et Tinguely. Au sein de l’art cinétique, Pol Bury occupe une place tout à fait particulière.
Alors que l’époque s’enthousiasme pour la vitesse, il parvient à fasciner le regard par des mouvements extrêmement lents. Il devient sculpteur du mouvement et du temps. Il travaillera l’acier inoxydable, le cuivre poli. Trompé par les reflets lumineux du métal, le spectateur distinguera de plus en plus difficilement le mouvement réel et le mouvement illusoire.
L’eau tient un rôle majeur dans sa démarche, actionnant fontaines, boules, dans des mouvements perpétuels. Pol Bury utilise l’eau pour fragiliser l’équilibre instable de ses volumes. Il construit ses premières fontaines en 1970. à partir de cette époque, il utilise dans la réalisation de ces oeuvres, des techniques industrielles qu’il détourne de leur fonction initiale. Son objectif est d’occuper par des volumes qui bougent, l’espace ambiant. La création de ces mouvements réellement autonomes n’obéissant qu’à leurs lois propres vise à capter et fasciner notre regard. Pol Bury découvre l’espace de la lenteur qui multiplie la durée et donne à l’oeil qui suit le trajet de ses boules, la possibilité d’échapper à sa propre imagination pour mieux se laisser happer par l’univers que dessinent ces boules voyageuses. Il met en scène l’espace et le temps par le rapport qui se noue entre l’observateur et l’objet observé tout en se jouant de l’attente du spectateur.
Dans ses oeuvres récentes de 1999 à 2004, il travaille des reliefs d’un dépouillement extrême, éléments, simples bâtons, boules, surfaces monochromes colorées en rouge, blanc et noir aux mouvements imperceptibles.

AUTRES ŒUVRES D’ART URBAIN

De nombreuses fontaines :

  • Guggenheim Museum, New-York,1980.
  • Fontaine « Sphérade », Jardins du Palais royal, Paris,1985.
  • Jeux Olympiques de Séoul,1988.
  • University of art and design, Yamagata, Japon,1994.