Piotr Kowalski - Champs

« L’Axe de la Terre »
Université de Marne-la-Vallée à Champs-sur-Marne

Commande publique - 1992

 

CONCEPTION ET RÉALISATION

Emblématique de la cité Descartes, l’œuvre de Piotr Kowalski en acier inox de 32,5m, pointée vers le ciel allie force et légèreté et dialogue harmonieusement avec le bâtiment de l’école supérieure d’ingénieurs en électronique et électrotechnique conçu par Dominique Perrault.
« L’Axe de la terre » est localisé sur le rond-point d’accès à la cité Descartes, face à l’entrée de l’ESIEE.
Sa silhouette fuselée se détache sur le voile incurvé de la façade de l’école, elle ponctue de sa lumière le revêtement blanc mat des capotages métalliques de l’édifice.
La sculpture est ancrée au centre du rond-point sur un sol de dalles de lave noire craquelée issue du Massif Central, disposées en vagues concentriques chahutées qui évoquent les forces géologiques créatrices. Des végétaux ras ponctuent le calpinage irrégulier des dalles. L’Axe de la terre surgit de ce centre, incliné suivant un angle de 48,51° orienté vers le nord et désigne le point du ciel où brille l’étoile Alpha de la petite Ours, notre actuelle étoile polaire autour de laquelle tournent les constellations de l’hémisphère nord.
La sculpture, d’un geste plastique fort, s’apparente à un signal et à un repère dans l’espace urbain. Elle est visible de loin, de tous les axes qui desservent le rond-point faisant office de point d’attraction dans l’espace public. Les voitures empruntant le rond-point semblent par leur reflet sur l’inox poli, filer vers le ciel et rejoindre le point extrême de la sculpture. Le conducteur ressent sa proximité et son échelle d’une façon grisante. Le piéton cherche son humble mesure face à cette échelle hors du commun.
Fragilité et pesanteur du fuselage bombé de la sculpture dialoguent avec l’environnement construit et les boulevards plantés d’arbres. Le style contemporain de « L’Axe de la terre », s’harmonise parfaitement avec la vocation de la cité Descartes : être un espace d’accueil d’établissements de recherche, d’enseignement supérieur et d’organismes scientifiques manipulant des technologies de pointe. L’œuvre rentre aussi en complémentarité avec l’audace architecturale démontrée dans les bâtiments du site.

Technique : Acier inoxydable. Dalles de lave noire.

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES

Piotr Kowalski, est né à Lvov en Pologne, en 1927. Il est mort à Paris en 2004.
Sculpteur, architecte, mathématicien.
Émigre en Suède en 1946, et étudie les mathématiques et l’architecture à Cambridge, USA. Il travaille dans les années 1950 auprès de différents architectes : Breuer, Prouvé, Pei. La science et la technique sont centrales dans son œuvre. Il explore de nouvelles formes esthétiques sur la base d’une lecture critique des phénomènes scientifiques. Il s’installe en France en 1957, et s’associe à l’atelier de Montrouge regroupant artistes et architectes.
Artiste avant-gardiste, il a mis en place en 1967 une sculpture interactive agissant sur une image de synthèse « Le Cube n°8 ». L’œuvre « Le Dressage d’un cône » combine force de gravité et force centrifuge.
« Le Thermocouple », (1977) est réalisé avec des aciers de coefficients de dilatation différents. Les propriétés de l’énergie le passionnent, il crée des sculptures à l’explosif, au gaz et à champs magnétiques.
Le temps et la transmission de l’information sont également les matériaux qu’il explore. Les projets de « Time Machine » 1 et 2, (1982), mettent en jeux les nouvelles technologies et l’interaction avec le spectateur. La pièce « Passionnément » matérialise, par une onde en verre, la vibration provoquée par la voix d’un poète prononçant le mot « pas-si-o-nnément ». De 1990 à 1992, il crée une installation numérique La « Flèche du temps » et « Le Cube de la population » sculpture horloge où s’affiche le nombre constamment  changeant de la population mondiale.
Il se consacre aussi à des réalisations dans l’espace public, qui témoignent de la puissance esthétique des sciences et mettent en jeux la perception du monde, l’espace, le temps, la lumière.

AUTRES ŒUVRES D’ART URBAIN
  • Cours de l’Arche Guédon, “Volume et lumière”, Torcy.
  • “Place des degrés”, Volume, dallage, lumière, La Défense, 1990.
  • “Escalier monumental”, La Défense,1992.
  • “La Porte Céleste” de Saint-Quentin en Yvelines, 1991.
  • “Le signal”, Vitry-sur-Seine.
  • “Balise calendaire”, Échirolles, 1992.