Christophe Cuzin - Lognes

Église Saint-Martin de Lognes

Commande publique - 1998

Église construite entre 1898 et 1903 de style néo-gothique et restaurée entre 1994 et 2000 par la ville de Lognes.

 

CONCEPTION

CONCEPTION ET RÉALISATION

La commande porte sur la création de vitraux, une intervention sur les murs de l’église ainsi que la création de mobilier liturgique.

« Ce qui accompagne ma pratique est un désir de silence, de calme, d’élévation. C’est ce pari de quiétude et de méditation que je veux prendre pour l’église de Lognes » C.Cuzin.

VITRAUX

VITRAUX 

Christophe Cuzin conçoit des vitraux monochromes d’une seule pièce de verre, traités par l’abstraction géométrique. La structure métallique des ferrures en aluminium peint d’une largeur de 13 cm dessine des dents ou des arceaux dont le nombre et la position diffèrent selon les fenêtres et dont le dessin se révèle symbolique.
La commande précisait les thèmes bibliques à respecter. Les structures métalliques autour des vitraux créent des opacités au sein même des vitraux qui aiguisent la lumière.

« Je ne voulais pas dessiner dans la lumière, mais dessiner la lumière » C. Cuzin

Vitraux de la nef 
Les dessins des 4 vitraux de la nef vont en se simplifiant pour accompagner le regard vers le chœur. Ils symbolisent respectivement, la correspondance entre le premier et deuxième testament, les douze apôtres et les douze tribus d’Israël, les quatre évangélistes et les quatre fleuves de l’Eden.

Chapelle baptismale 
L’oculus d’un bleu assez soutenu pour renforcer le sentiment aquatique des murs porte un cercle de métal. Il s’agit du redressement du cercle des fonds baptismaux, la mise en correspondance de l’eau et du ciel.

Chapelle Saint-Martin
Le dessin de l’oculus représente un cercle séparé en deux parties.
Comme le geste de Saint-Martin séparant son manteau, toujours dans cette évocation, le verre est rouge.

Chœur
Sur les deux vitraux latéraux légèrement teintés, une barre médiane interrompue au centre, l’une verticale, l’autre horizontale. Sur le vitrail central incolore, la croix confirme par sa verticalité le lien du sol au ciel.

Technique : Réalisation avec l’atelier Duchemin, maître verrier co-auteur : Réalisation du vitrail d’une seule pièce de verre trempé. L’artiste désire apporter au verre une qualité particulière, une texture, une matière. Ainsi, deux verres enserrent un troisième verre teinté au four qui est collé sur un film intercalaire transparent.
Celui-ci a volontairement été brisé, de façon à dessiner une mosaïque irrégulière qui joue avec la lumière.

POLYCHROMIE

POLYCHROMIE DES MURS 

Christophe Cuzin partage les murs par des couleurs différentes. Il utilise la couleur d’une manière tout à fait subjective, comme il le fait pour ses expositions. De grands aplats de couleurs cadrés de blanc, aux tons contrastés, de l’ocre au vert d’eau, du rouge bordeaux au bleu-gris, soulignent la forme des voûtes et absorbent la couleur projetée par les vitraux sur les murs. Il dira vouloir « créer une lumière à chaque prière, nommer cette lumière par la couleur, lui donner une masse, travailler un rapport d’échelle entre le sol, la voûte et l’homme. » La coloration est graduelle, sombre à l’entrée, devenant claire dans le chœur pour souligner le chemin du parvis vers l’autel. Le projet de polychromie aboutit au blanc du mur nord situé derrière l’autel. Cette diversité de couleurs représente, pour l’artiste, un appel à la tolérance dans une ville où de nombreuses communautés cohabitent. Au fil des heures la lumière des vitraux se déplace sur les murs.

Technique : Mise en peinture par aplat de couleur. Peinture acrylique industrielle.

MOBILIER

MOBILIER LITURGIQUE

L’artiste désirait des volumes simples, des parallélépipèdes rectangles, posées sur le sol en béton couleur de rouille. Le chœur rend hommage aux métaux extraits de la terre : le cuivre (conducteur) pour l’ambon, le bronze (glorification) pour l’autel, le zinc (humilité) pour le lutrin et l’argent (richesse) pour le tabernacle.

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES

Christophe Cuzin, est né en 1956 en Isère. Il vit et travaille à Paris.
Il enseigne aux Beaux-Arts de Caen et de Lyon.
De 1986 à 1989, Christophe Cuzin peint des tableaux en se conformant à un ensemble de prescriptions invariables telles que le format de la toile : 1,85 X 1,35m, un trait de 13cm de largeur, un dessin symétrique, l’ajout de gris dans les couleurs utilisées, l’emploi de peintures industrielles mates. A partir de 1989, il se départit de ces exigences.
Désormais, il va s’employer à modifier certains paramètres des lieux dans lesquels il sera invité à intervenir.
La couleur est le sujet de son travail, l’architecture est aussi sa matière première. Il modifie la perception de l’espace par la couleur. Il a longtemps travaillé dans le bâtiment tout en continuant sa démarche d’artiste. Il peint alors des monochromes blancs la journée et des toiles polychromes le soir. Son travail actuel est l’aboutissement de cette période « bien-peint/ malpeint » correspondant aux définitions différentes, selon que l’on appartient à l’un ou l’autre de ces métiers.
L’ensemble de son oeuvre répond à une démarche qui consiste, à partir d’un espace donné, à faire dialoguer peinture, lumière, couleur, architecture et volume.
Il a été occasionnellement l’assistant de Sol Lewitt et de Daniel Buren.

AUTRES ŒUVRES
  • Halls d’immeuble rue Baron Le Roy, Paris
  • FRAC Basse-Normandie, Façade peinte. 2000
  • Musée des Gobelins, Tapisserie. Paris, 2001.
  • Parking à la Défense. 2002
  • Centre d’art contemporain le Quartier, Fanions et bichromie, Quimper, 2004.
  • École d’architecture, Villeneuve-d’Asq, 2005.